Bundesliga 28 : la valeur respect

Arrivé en fin de contrat au Bayern Munich, son club de toujours, Thomas Müller ne sera pas reconduit. Alors que certains ont été renouvelés sans regarder à la dépense (Musiala, Davies, Kimmich), le club, estimant que le coût salarial annuel du joueur (17 millions d’euros quand même) ne mérite pas le strapontin qu’il occupe dorénavant régulièrement, a retiré la proposition de renouvellement de contrat à celui qui est arrivé au club en 2000 et y a été formé sans jamais être prêté. Comme un manque d’élégance dans la dernière ligne droite d’une si belle histoire commune.

A 35 ans (il soufflera ses 36 bougies en septembre prochain), cette figure légendaire est gentiment mais fermement invitée à prendre sa retraite. Sans ménagement pour celui qui explose les records de la maison munichoise : 742 matches de compétition (247 buts, 273 passes décisives) pour le FCB, plus que les icônes Sepp Maier (709), Oliver Kahn (632), Gerd Müller (613), ou Franz Beckenbauer (584). Et rayon palmarès, son armoire à trophées pèse lourd, très lourd même : 12 Bundesliga, 6 Pokal et 2 Ligues des Champions parmi les 32 trophées remportés. Sans oublier la Coupe du monde 2014, remportée avec l’Allemagne au Brésil.

Cette icône du football mérite une sortie digne de son talent et de son impact. La Coupe du Monde des Clubs qui se déroulera pour sa première édition cet été peut lui offrir un dernier tour de piste opportun et en mondovision. À condition de le prolonger de quelques semaines…

Et quand on observe actuellement la communication désastreuse et plus généralement la gestion de cette situation par une institution comme celle du Bayern, on est déçu de la tournure prise pour gérer la sortie de celui qui finira, on en prend le pari, tout en haut de son organigramme dans quelques années.

Sans remettre en cause le fond de la décision, on en regrette sa forme bâclée, ratée, pas à la hauteur du phénomène Thomas Müller. Sans surprise en fait, car avec un guignol comme Max Eberl aux commandes de la direction sportive munichoise, le risque, c’est de le voir finir en MLS parce qu’il voulait encore jouer une saison. De l’art perdu de respecter son patrimoine, son histoire, son avenir, et de savoir tourner clore un chapitre élégamment.

FC Augsburg – FC Bayern München

En partageant les points à Hoffenheim (1-1), Augsbourg reste maintenant sur onze matchs sans défaite (6v, 5n), une série d’invincibilité qui l’autorise à rêver d’Europe. Par contre, c’est un penalty imaginaire (l’entraîneur adverse le reconnaît à demi-mot et le VAR reste une fois de plus étrangement silencieux), et transformé par Andrej Kramaric d’une Panenka, qui a mis fin à 684 minutes sans prendre de but, soit la troisième invincibilité la plus longue de toute l’histoire de la Bundesliga. Rageant !

En s’imposant devant Sankt Pauli (3-2), le Bayern Munich a certes renoué avec la victoire, conservé ses six points d’avance sur son dauphin mais n’a pas complètement rassuré. Loin de là même, et notamment sa défense qui a encore concédé deux buts à un mal classé (cette fois-ci à la plus mauvaise attaque du championnat) et qui a perdu sur blessure un nouvel élément en la personne de Hiroki Itō (rechute avec une nouvelle fracture du métatarse pour le Japonais qui reprenait et qui était entré en jeu à la 58e). Derrière Raphaël Guerreiro, il n’y a plus de latéral gauche de métier disponible en doublure (Sacha Boeye et Josip Stanisic sont droitiers). En Ligue des Champions, en l’état (il ne reste plus que six défenseurs valides pour quatre postes, et encore, Konrad Laimer est un milieu défensif reconverti de fraîche date), ce sera trop juste défensivement.

Pour ce derby bavarois qui est souvent disputé, Augsbourg a cette année particulièrement le profil pour accrocher un voisin munichois qui se cherche en défense. Toujours tourné vers l’avant, le Bayern pourra compter sur ses individualités offensives (qui ont encore fait des différences avec un doublé de Leroy Sané, deux passes pour Michael Olise, un but et une passe pour Harry Kane, même si Jamal Musiala est resté encore muet) pour transpercer une défense qui étonne autant qu’elle bétonne. Un match d’ouverture qui promet entre deux équipes aux styles opposés, et comme on est joueur pour ce vendredi soir, on voit des buts et un partage des points.

Pronostic 2-2

[NDLR : En match avancé, score final 1-3 pour le Bayern qui a effectivement eu du mal mais a bénéficié d’un rouge augsbourgeois à l’heure de jeu. Il a cependant perdu Jamal Musiala, touché à la cuisse, qui manquera le quart de finale aller de LDC contre l’Inter mardi prochain.]

RB Leipzig – TSG Hoffenheim

Nouvelle chute pour le RB Leipzig qui s’incline à Mönchengladbach (1-0) et voit son adversaire lui passer devant au classement. Le jeu proposé par des Saxons aux individualités défaillantes est actuellement trop faible pour masquer les autres carences de cette équipe qui n’en est pas une. Définitivement dans le dur, le RBL tombe à la sixième place et licencie son entraîneur Marco Rose, forcément coupable. C’est le hongrois Zsolt Löw, ex-adjoint de Tuchel et déjà passé par le club, qui prend la suite.

Si Hoffenheim grappille un précieux point dans la bataille du maintien en arrachant le match nul devant Augsbourg (1-1), il n’y a pas de quoi pavoiser : encore un but encaissé et surtout une incapacité persistante à s’imposer à domicile depuis huit matchs (5n, 3d). La dernière victoire à la PreZero Arena remonte au 23 novembre dernier et au match aller contre… le RBL (4-3). Comme un signe ?

Tête de gondole footballistique d’un projet capitalistique mondialisé, le RB Leipzig est un « club » qui a basé son modèle économique sur le trading de jeunes espoirs mis en lumière avant des ventes lucratives. Une saison prochaine sans C1 ouvrirait grandes les portes d’un déstockage massif de starlettes en devenir qui ne conçoivent le RBL que comme un tremplin, voire un marchepied. En attendant cet été et l’inévitable restructuration d’un effectif décevant, on est logiquement en droit d’attendre plus d’un Xavi Simons trop caractériel et qui, sans surprise, n’a pas l’envergure d’un leader de vestiaire alors que Benjamin Šeško a déjà la tête en Premier League (Arsenal est chaud) et que Loïs Openda a disparu trop longtemps des radars pour tirer le groupe vers le haut. Pour sa première à la tête des Taureaux Rouges, Löw a connu une élimination en demi-finale de Pokal face à Stuttgart malgré du mieux dans le jeu (3-1). Un coup de poker de la direction qui n’a pas fonctionné. Une victoire ce week-end est exigée car le championnat sera cette année la seule voie vers un ticket européen.

Pour Hoffenheim, rencontrer maintenant ce RBL mal en points et sous tension est une chance : forcément, il y a un coup à faire. Faisons confiance au coach Christian Ilzer, adepte de discours de motivation bien particulier, pour gratter là où ça fait mal.

Ce match des clubs en plastique sent bon l’irrationnel, un scénario que l’on souhaite tordu et des faits de jeux injustes. Comme au théâtre…

Pronostic 3-1

1. FC Heidenheim 1846 – Bayer 04 Leverkusen

Sursaut confirmé pour un Heidenheim déterminé et volontaire qui enchaîne à Wolfsburg (0-1), avec son premier clean sheet à l’extérieur depuis septembre dernier. Un succès mérité qui permet de retrouver une place de barragiste et qui agit comme un bol d’air.

Aligné en 3-5-2 avec une attaque enfin bicéphale (même si pas vraiment convaincante par sa production), Leverkusen a croqué Bochum (3-1) et mis gentiment la pression sur le Bayern, même si à la fin de la journée l’écart est toujours de six points.

Pour Heidenheim, plus mauvaise équipe du championnat à domicile (3v, 1n, 9d), la réception du champion en titre est le premier match d’une série dantesque (Francfort, Bayern, Stuttgart) où il faudra pourtant prendre au moins un ou deux points. Désireux de profiter du moindre faux-pas d’un Bayern diminué en défense, Leverkusen vient à la Voith-Arena pour s’imposer et se remettre la tête à l’endroit après le crash inqualifiable de la Pokal. Sorti en demi-finale par l’Arminia Bielefeld à la régulière (2-1), le Werkself a fauté professionnellement. Une sortie de route comme jamais sous Xabi Alonso, pas vraiment au meilleur de sa forme depuis quelque temps. Autant dire qu’une réaction est attendue pour un club qui ne peut plus gagner cette saison que la Bundesliga. Les limites concrètes d’une arrogance trop souvent déplacée et enfin punie.

Pronostic 1-2

SC Freiburg – Borussia Dortmund

En s’inclinant à domicile devant l’Union Berlin (1-2), Fribourg est en train de lâcher sa position préférentielle à l’approche de la dernière ligne droite. Pas encore décroché de la course à l’Europe, mais une véritable décélération depuis quatre matchs (3n, 1d).

Après deux défaites consécutives, Dortmund a repris goût à la victoire en s’imposant devant Mayence (3-1). Sans Serhou Guirassy, forfait de dernière minute, et avec un Maximilian Beier double buteur, le BVB a trouvé en Nico Schlotterbeck un nouveau tireur de corner à succès puisqu’il a donné deux passes décisives dans cet exercice. Une sacrée trouvaille de la part de Niko Kovač, même s’il faudra trouver samedi un autre botteur pour cause de suspension.

Septième, c’est à dire à la plus mauvaise place, le SCF accueille une nouvelle fois dans son Europa Park. Aux Breisgauer de mettre à nouveau les ingrédients nécessaires, notamment en terme de mentalité, d’envie et d’engagement. Ce qui semble quelque peu manquer sur les dernières rencontres. A cinq points de la cinquième place, le Borussia n’est pas encore complètement largué pour une qualification européenne. Si le succès enregistré sur Mayence a ravivé la flamme de l’espoir, il n’y a plus de points à laisser traîner pour y parvenir. Un nouveau pas pour une remontada en noir et jaune ?

Deux équipes séparées par quatre points, désireuses de jouer une compétition continentale la saison prochaine, pas au top de leur football, et qui ne brillent pas par leur régularité. Un match sous tension, assurément.

Pronostic 1-1

1. FSV Mainz 05 – Holstein Kiel

Costaud depuis deux mois, Mayence a chuté à Dortmund (3-1) sans que sa performance collective ne soit tellement différente de ces dernières semaines, là où les dieux du football étaient plus conciliants pour des prestations équivalentes. Le M05 descend du podium et garde, pour le moment, la possession d’un ticket pour la C1.

Torpillé par le voisin nordiste du Werder Brême pourtant pas rayonnant cette saison (0-3), Holstein Kiel a totalement sombré et probablement ses derniers espoirs de maintien avec. Une défaite qui n’a souffert d’aucune contestation possible alors que les trois remplacements effectués à la 36e minute par Marcel Rapp ont sonné comme une preuve supplémentaire d’impuissance individuelle, collective, et managériale. Dernier à cinq points du barragiste, le maintien est encore mathématiquement envisageable sur le papier mais la dynamique est trop mauvaise pour réellement y croire encore. Affaire quasi-pliée.

La réception d’une lanterne rouge K.O. debout arrive opportunément pour Mayence qui peut normalement se relancer. Un autre résultat qu’une victoire serait une contre-performance qui validerait l’idée que les Mainzer sont en surrégime.

Pronostic 3-1

VfL Bochum 1848 – VfB Stuttgart

Battu avec les honneurs mais reparti de Leverkusen avec zéro point dans les bagages (3-1), Bochum a donné dans « la défaite encourageante ». Pas l’idéal quand on veut rester en Bundesliga et que l’on retombe à la place de premier relégable.

Toutes les semaines, le même refrain : Stuttgart, c’est sympa au début mais ça ne tient jamais la distance d’un match. Dommage et pénible. Là, c’est l’Eintracht Francfort qui a fini par punir un VfB réduit à dix avant l’heure de jeu (1-0). Onzième à cinq points de la sixième place, l’Europe s’éloigne via le championnat. Car en se qualifiant contre le cours du jeu pour la finale de la Pokal (victoire sur Leipzig, 3-1), Stuttgart s’offre un billet pour Berlin, la possibilité de gagner son premier titre depuis dix-huit ans, et une éventuelle qualification en Coupe d’Europe. A condition de battre l’Arminia Bielefeld qui a déjà mis au tapis une 2. Bundesliga et quatre Bundesligisten après un parcours de vrai costaud (Hannover 96, Union Berlin, Fribourg, Werder Brême, Bayer Leverkusen). Réponse le 24 mai.

Pour se maintenir, Bochum doit impérativement prendre davantage de points au Vonovia Ruhrstadion où son bilan est aujourd’hui insuffisant (12 points, 3v, 3n, 7d). Le VfL vient d’affronter les trois premiers du classement (FCB, B04, SGE) et en jouant plutôt bien pour une récolte de trois points. Le moment est venu de capitaliser sur cette séquence. Stuttgart, qui se présente, n’est pas au mieux avec une effroyable série en cours de six matchs sans victoire (2n, 4d) et pourrait être tenté de tout miser sur une victoire en Pokal. Une option à laquelle on ne veut pas croire. C’est donc un duel à enjeu pour les deux équipes et la probabilité d’un match enlevé et festif.

Pronostic 3-3

SV Werder Bremen – Eintracht Frankfurt

Pour taper un faible Kiel incapable de cadrer la moindre frappe (0-3), le Werder Brême a sorti la sulfateuse, avec notamment deux caramels signés Marvin Ducksch et Felix Agu et qui ont fini leur trajectoire en lucarne. Le coach Ole Werner, qui officiait il y a quelques années du côté des Cigognes, a donc passé un bel après-midi ensoleillé. Son équipe reste nichée en milieu de tableau.

Sacré résultat que la victoire de Francfort sur Stuttgart (1-0), un score qui reflète mal l’emprise de l’Eintracht sur la rencontre. Les Aigles restent solidement accrochés à la troisième place et cognent fort sur un concurrent charpenté. Le tout sans prendre de but et avec un Mario Götze replacé en dix, pour notre plus grand plaisir.

Au Werder, les plus utopistes voudront encore croire à un doux rêve européen. Les autres verront plutôt dans une fin de saison plus relâchée la possibilité de poser les premiers jalons du prochain cycle. Pour Francfort, à sept matchs du terme, l’objectif est maintenant de finir sur le podium, et ça passe par un bon résultat sur les bords de la Weser où les Vert et Blanc restent sur trois défaites consécutives. Une quatrième en vue ?

Pronostic 0-1

FC St. Pauli – Borussia Mönchengladbach

Tombé les armes à la main sur la pelouse du leader munichois (3-2), Sankt Pauli a fait étalage de qualités qui lui seront nécessaires pour obtenir la prolongation de son bail en Bundesliga. Comme une promesse de jours meilleurs.

En s’imposant devant le RB Leipzig sur un nouveau but de son talisman Alassane Pléa (1-0), un score qui aurait pu être plus lourd au regard des trois montants touchés, Mönchengladbach frappe un grand coup dans la course à l’Europe. Déjà en passant devant les Saxons au classement, mais aussi en s’installant pour la première fois à une place directement qualificative (la cinquième donne le droit de disputer la Ligue Europa), tout en se rapprochant à deux points d’une quatrième place qui ouvre les portes de la C1. Avec un calendrier restant abordable, Gladbach pourrait bien reconnecter son proche futur avec son glorieux passé.

Pas vraiment souverain dans son Millerntor-Stadion (3v, 3n, 7d), Sankt Pauli accueille une équipe qui reste sur quatre victoires consécutives à l’extérieur. Sorti du bois, Mönchengladbach va devoir assurer sans pouvoir bénéficier du même effet de surprise que celui qui jusqu’à présent avait si bien fonctionné avec une formation pas attendue à pareille fête. Un changement de statut pas forcement simple à assumer pour des Poulains surtout à l’aise en contre-attaque et attendus de pied ferme par des Pirates bons défensivement. Rencontre équilibrée, avec un avantage aux visiteurs.

Pronostic 2-2

1. FC Union Berlin – VfL Wolfsburg

A Fribourg, et après avoir été mené, le FC Union Berlin a été chercher une victoire avec ses tripes, son courage, et une vraie qualité défensive (1-2). Trois points importants pour assurer un maintien qui prend bonne tournure. A souligner que le but de la victoire est venu d’un centre, un plan de jeu qui a fini par payer. Et pan sur le bec !

Nouveau rendez-vous manqué pour Wolfsburg surpris à domicile par Heidenheim (0-1) : trop souvent pour que ce soit une simple coïncidence, ces Loups passent à côté. Ils sont neuvièmes, à quatre points de l’Europe, objectif affiché depuis les récentes sorties médiatiques de l’entraîneur Ralph Hasenhüttl. La chance est avant tout un état d’esprit et eux ne l’ont pas.

Plutôt à l’aise contre les gros, comme en témoigne les résultats positifs engrangés tout récemment contre Francfort, le Bayern, et donc Fribourg, les Berlinois sont sur une bonne dynamique qui, si elle dure un peu, devrait déboucher sur un maintien haut la main. La dernière victoire à domicile dans leur mythique Stadion An der Alten Försterei remonte à la fin du mois de janvier, il est temps de s’imposer à la maison. En face, la troisième meilleure équipe à l’extérieur (7v, 2n, 4d) : les Bas-Saxons sont donc tout à fait capables de l’emporter à Berlin. Problème, ils sont diminués par de nombreuses absences. Et comme le calendrier restant n’a rien de facile, une nouvelle défaite et la fin de saison serait alors bien longue pour un VfL qui n’aurait alors plus grand-chose à espérer.

Une rencontre où l’ouverture du score aura toute son importance entre deux équipes plus habiles à détruire et contrer que quand elles doivent faire le jeu.

Pronostic 2-1

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